Flash ou pas Flash ?

 Je continue la série sur les sujets sensibles en création web : cette semaine, un sujet redondant, élimé, qui a vu des générations entières se déchirer dans le sang et les larmes (bon OK, peut-être pas quand même), mais qui demande encore souvent d’être bien expliqué voir débattu pour éviter de se trouver coincé lorsque on monte un projet web.

Flash ou pas Flash ?

Autrement dit, quand est-ce-que Flash a du sens, quand est-ce-qu’il en a moins, que peut-on faire en Flash, quels sont les plus, les moins, les mites mythes et les réalités. Encore une fois, vos commentaires viendront renforcer ce post avec plaisir.

Je vous propose de voir les avantages/inconvénients de la technologie puis d’aborder les différents cas possibles, mais avant tout : Keskeucé ?

> C’est quoi Flash ?

Flash c’est avant tout une technologie d’animation vectorielle pour Internet. Ça se présente sous la forme d’un module inséré dans les pages grâce à une balise. On peut avoir plusieurs animations Flash par page, une seule animation qui prend toute la page. L’insertion se fait aujourd’hui principalement en utilisant Javascript, notamment pour permettre de proposer un contenu alternatif à lire pour Google et consorts ainsi qu’au navigateurs non équipés de plugin Flash.

Flash est programmable, grâce au langage ActionScript, ce qui permet d’en faire une mini application et quelque fois une vrai application. Flex est une sorte d’évolution de Flash qui va plus loin dans la programmation.

> Pourquoi Flash ?

Les avantages de Flash sont entre-autres :

  • que c’est une technologie très répandue, ce qui veut dire que la grande majorité des utilisateurs le lisent sans avoir à télécharger quoi que ce soit et ce qui fait que YouTube par exemple l’utilise pour son player vidéo (en plus du fait que le streaming vidéo est bien géré par Flash);
  • que c’est un moteur vectoriel, ça permet de faire des animations évoluées et interactives qui restent légères, ce qui explique donc que les animations graphiques, les jeux en ligne ou les bannières de pub sont en Flash par exemple;
  • que l’ActionScript permet une très grande interactivité dans un environnement graphique évolué, ce qui fait que l’application Picnik de traitement de photos est en Flash par exemple;
  • que c’est beau quand c’est bien fait et donc impactant en terme d’image, et c’est pour ça que le site de Corona ou des Agences sont en Flash;
  • Edit : que Flash c’est compilé et donc que c’est le plus souvent un seul fichier (qu’on peut envoyer par mail) et qu’on accède pas à la source facilement.

> Pourquoi pas Flash ?

Mais Flash comporte des inconvénients, ils sont entre autres :

  • que c’est pas bien référencé - oui il parait Google commence à lire dans Flash, mais je me permet de mettre de très gros bémols un peu partout - notamment en ce qui concerne l’architecture du contenu, le linking, la profondeur des animations, je ne crois pas qu’on puisse décemment déclarer les Flashs “référencables”;
  • que c’est rarement bien fait, intégré, propre, navigable car c’est une technologie qui reste chère et quand même pas toujours facile à bien maitriser, notamment lors de l’utilisation de composants;
  • que ça n’est pas encore vraiment lisible partout, notamment sur les mobile;
  • que ça devient malgré tout assez vite lourd dans bien des cas;
  • Edit : que Flash c’est compilé et donc que si on a perdu la source, on doit tout refaire.

Bien sûr, il existe de belles, de très belles réalisations et des façons de palier à tout ça. Chacun prêchera pour sa chapelle. Le tout est d’être au courant de ces inconvénients et d’adapter la conception en fonction.

> Le full Flash

Le full Flash c’est un Flash qui s’ouvre en pleine page, on navigue dans le flash. Le site entier est donc inclus dans le Flash. C’est graphique, beau quand c’est bien fait et navigable quand c’est bien réalisé. En général, c’est la solution choisie par les entités ayant besoin d’une image forte ou d’une interactivité accrue, les grosses marques, les agences, les créatifs, les photographes, les applications graphiques…

Par le passé on voyait souvent le site dupliqué en HTML avec un choix à l’arrivée, c’est une solution un peu vieillotte. Désormais, grâce à SWFObject on pourra composer une page (et d’autres derrière) qui seront ouvertes par les navigateurs qui n’ont pas Javascript ou Flash ainsi que par les moteurs.

Sachant qu’il est moins aisé de faire bouger la structure d’un site en Flash dans le temps et dynamiquement, on réserve ce type de solution à des sites dont la géométrie ne change pas trop. Attention, s’il est tout a fait possible de faire un site full Flash dynamique géré par un CMS, le cout est généralement bien plus important et les modifications beaucoup plus chères. Nike peut s’offrir un site full Flash dynamique et le maintenir mais ce n’est pas le cas de n’importe qui. Sans aller jusqu’au CMS, on pourra aussi fonctionner avec des fichiers XML à modifier directement pour changer le contenu qui doit évoluer dans le temps.

> L’hybride

L’hybride c’est le Flash là ou il faut, c’est un peu le beurre et l’argent du beurre. C’est le site HTML/CSS/JS bien référencé avec une galerie photo dynamique en Flash, un panorama 360°, un module de simulation en Flash, un player vidéo, une belle image animé à la place d’une image, etc…
Ça demande souvent de bien gérer les interconnexions en XML, de soumettre des paramètres à Flash, de demander à Flash d’appeler des fonctions JS dans la page, bref de savoir bien jouer avec.

> Le pas Flash du tout

Le pas Flash du tout c’est Apple.com, c’est Google, c’est souvent l’utilisation des Frameworks Javascript pour tout ce qui est effets, galeries, menus, sliders, carrousels et même le fameux coverflow d’Apple. Attention, Javascript aussi a ses inconvénients, les frameworks JS demandent aussi d’être bien intégrés, mais l’avantage c’est qu’on peut référencer pratiquement tous les éléments dans une architecture détaillée, qu’on peut dé-corréler le style et les éléments ou le code JS, ce qui est plus facile à maintenir (donc moins cher) et à monter sur un CMS. C’est la solution “élégante” pour les geeks développeurs car bien segmentée.

> Conclusion

On voit de moins en moins de sites full Flash ou en tout cas aux endroits où ce n’est pas vraiment utile. L’avènement d’Ajax et des frameworks Javascript on apporté une interactivité qui permet bien souvent de remplacer Flash avantageusement.

Certaines choses ne peuvent cependant se faire qu’en Flash, ou plutôt c’est la solution qui s’impose, c’est le cas du player vidéo, du jeu en ligne ou du slideshow photo par exemple (quoique celui de Picasa ne soit pas ridicule sur ce terrain). Pour ce site, c’est le pluggin de commentaires Seesmic qui a du sens en Flash. De même quand on veux faire un site évènementiel très interactif et visuel, ça reste quand même la solution privilégiée à l’heure actuelle.

Edit (encore) : Apparemment un Photoshop-like vient de sortir en JS, ce qui est, en plus d’être un sacré challenge, la preuve que Flash recule encore un petit peu.


A propos de ce post

Newsletter