C’est quoi le web 2.0 ?
Récupéré de mon Blog précédent :
Tout le monde en parle, on parle même du web 3.0, la nouvelle révolution du web, le retour de la bulle déjà annoncée, avec son lot de start-ups et de Business Angels revenus hanter les couloirs des institutions financières, conférences et milieux politiques. D’accord, mais qu’est ce qui fait que tout le monde s’agite à nouveau ? Quelle est la nouvelle promesse de cette seconde prise de risque collectif ? Est-il aussi élevé que pour la bulle 1.0 ?
D’abord, quelles étaient les promesses d’Internet quand tout le monde a commencé à s’agiter à la fin des années 90 ?
La première fois que je me suis connecté à Internet, j’ai attendu près d’une minute pour voir apparaître le logo de Yahoo !
Une minute après est apparu, dans une liste de liens de sites étudiants hébergés par Geocities, le site d’un fan de Bob Marley. Depuis ce site, en suivant un webring, la préhistoire de la communauté en ligne, je me suis retrouvé sur l’intégrale des paroles de chansons de tonnes d’artistes. Je n’en revenais pas. J’ai ensuite envoyé un email à un type à Sydney pour savoir s’il n’avait pas entendu parler de l’intégrale des Guns. Le type me répond le lendemain en me donnant l’adresse recherchée.
J’avais tapé un lien, donné par un type illuminé, qui m’avait conduit à une sorte d’annuaire de campus, et de cet annuaire j’avais suivi une chaîne de sites de potes qui m’avait conduit directement à ce que je cherchais. C’était comme si j’avais posé la question à un pote « t’aurais pas les paroles des chansons de Bob Marley » et que le téléphone arabe avait permis à types des quatre coins de la planète de me donner toutes les paroles de toutes les chansons. Je pouvais me connecter à la planète entière et tout demander ! Enfin presque. L’idée était géniale mais, évidemment, ensuite, rien n’a suivi.
Tout demander prenait des plombes, on trouvait de moins en moins ce qu’on cherchait, et de plus en plus de choses dont on ne voulait pas. Ensuite les désillusions se sont succédées : du sexe partout, du spam dans ma boîte aux lettres, des transactions foireuses, des arnaques à la carte bleue, des annuaires pollués, des pubs partout, des moteurs de recherche qui ne trouvent rien, la logistique qui ne suit pas, de fausses innovations, et les insultes des nouveaux arrivants toujours plus nombreux qui n’avaient jamais entendu parler de netiquette.
Je pense que l’essence du web, qui était à la base un espace d’échange pour une communauté de passionnés à travers le monde, a été pervertie par les promesses de business que le modèle apportait. Pendant cette période cependant, j’ai été un consommateur assidu d’Internet et j’ai volontairement sauté à maintes reprises dans la gueule du loup. J’ai gardé espoir, l’espoir de retrouver ce sentiment initial que je pouvais échanger avec la planète entière.
Et c’est un peu ce qui dort sous le concept de web 2.0, un retour à l’aspect communautaire, à l’échange au niveau planétaire. Evidemment, si tout le monde en parle et s’excite, c’est qu’on va reprendre une branlée, mais l’important est de pouvoir faire une premier état des lieux.
Les connexions Internet sont devenues ultra répandues, ultra rapides et quand même super fiables. Je peux discuter via Skype en temps réel. Entendre et voir ma tante, qui habite à Rome, discuter avec elle et, ça a l’air con mais c’est une évolution, en même temps qu’elle.
Ma boite aux lettres est en ligne (Gmail, Yahoo ! Mail), je peux y accéder de partout, tout le temps, et elle trie les spams automatiquement grâce aux remontées de tous ses utilisateurs. Quand je dis que tel mail est un spam, il le devient pour tous les autres utilisateurs de ma messagerie, quelques fois pour les autres aussi, les blacklist étant souvent partagées.
Les moteurs aussi trient, déclassent les sites « adultes » ou visiblement opportunistes et possèdent des systèmes de remontée d’alertes émanant des utilisateurs. Ils vérifient le trafic des utilisateurs sur ces sites (Google Analytics) et les taux de clics pour déterminer si un site est pertinent ou non.
La publicité est ciblée, elle est en accord avec le contenu de ce que je regarde, de mes mails et des sites que je visite. Plus de pub pour un casino ou un site X quand je cherche un bouquet de fleurs.
Les transactions sont sécurisées, je peux savoir ce que pensent les autres acheteurs de tel ou tel article, je passe par des systèmes de payements reconnus, qui ne tolèrent pas les abus, j’achète un produit sur eBay ( http://www.ebay.com/ ) à un type qui a fait 100 transactions avec des types visiblement ravis quand je lis leurs commentaires.
Les gens ont appris à utiliser le web, a respecter la communauté en ligne, à se présenter proprement, à écrire en minuscule, à éviter les « Reply All ». Et quand ils ne le font pas, ils sont exclus par des modérateurs impitoyables, car c’est une des clés du succès de leur site.
Pour moi, les innovations actuelles sont réelles, et voici sur quoi elles sont basées :
- L’interaction avec la communauté des utilisateurs. Quand j’achète un produit, je vais regarder les commentaires sur le vendeur, le produit, les utilisations qui en sont faites. Lorsque je parcours un article, je lis les commentaires associés, je vote pour ou contre. Quand je vais sur un blog, je peux savoir qui l’a lu, ce qu’il en a pensé, et qui a choisi de faire un lien vers cet article. Quand je cherche un contact dans LinkedIn ( http://www.linkedin.com/ ) ou Viadeo (ex Viaduc : http://www.viadeo.fr/ ), je peux savoir s’il est recommandé, à qui il est connecté, par où il est passé. Amazon et eBay étaient précurseurs dans ce domaine, l’un avec les commentaires sur les produits achetés et l’autre avec le profil personnel, basé sur les avis des acheteurs qui avaient opéré des transactions avec ce profil.
- La création de contenu par la communauté. L’exemple le plus marquant est wikipedia.org et les wikis en général, où chaque utilisateur peut venir ajouter sa pierre à l’édifice. Les forums sont un exemple plus ancien, mais ils ont appris à se structurer, a respecter des règles simples mais nécessaires. Depuis pas mal de temps déjà, les « wish list » ou vidéothèques idéales d’Amazon ( http://www.amazon.com/ ) sont un autre exemple de contenus intéressants générés par la communauté : les utilisateurs peuvent désormais connaître ce que les acheteurs de tel ou tel produit ont aimé d’autre. Les exemples plus récents de créations de contenus par la communauté sont souvent cités quand on parle de web 2.0 : YouTube ( http://www.youtube.com/ ) et DailyMotion ( http://www.dailymotion.com/ ) pour la vidéo, Flickr ( http://www.flickr.com/ ) pour la photo, del.icio.us ( http://del.icio.us/ ) pour les liens ou bookmarks, Digg ( http://www.digg.com/ ) et Scoopeo ( http://www.scoopeo.com/ ) pour les scoops et tous les blogs bien sûr ( http://www.technorati.com/ entres autres).
- La mise à disposition de l’information, qui n’est plus tenue secrète afin de mieux contrôler les ignorants, selon un principe vieux comme les religions. Si vous ne diffusez pas votre information ou si vous la retenez, quelqu’un le fera pour vous, sans aucune barrière, et en tirera profit à votre place. Les logiciels deviennent libres, les codes des systèmes sont rendus publics, les bases de données sont mises à disposition pour qui voudra les utiliser. C’est comme ça qu’on peut arriver à voir un site comme V-trafic ( http://beta.v-trafic.com/ ) qui combine la cartographie distribuée par Google ( http://maps.google.com/ ) et les bases de données en temps réel sur le trafic routier… et ça donne un site qui profite à tous. C’est ce qu’on appelle des mashups, qui se basent sur des APIs, des passerelles, et on en trouve plein d’exemples sur Programmableweb ( http://www.programmable.com/mashups ).
- L’ergonomie. L’idée principale est de ne pas recharger l’intégralité de la page lorsque seule une partie des données est demandée. Cette idée se base sur une intelligence exportée sur le client, donc utilisant des technologies de scripting client en Javascript ou Flash. Le framework Javascript le plus connu est Ajax mais, en réalité, n’importe quelle technologie client, capable d’opérer une connexion HTTP pour aller chercher des données en XML, est bonne. Cette évolution majeure permet en passant de modifier le design dynamiquement de façon beaucoup plus poussée, car le serveur est tenu au courant des modifications opérées. On a donc une évolution du DHTML classique aux effets assez simple, qui permet beaucoup de choses au niveau ergonomie. L’exemple type est netvibes.com, un site permettant de configurer une page de démarrage très évoluée avec une ergonomie vraiment sympa. Le très attendu agenda Scrybe ( http://www.iscrybe.com/ ) repousse les limites de cette ergonomie en permettant, par exemple, des zooms dans le contenu qu’on est en train de regarder.
- Le « remix » enfin. Le Web 2.0 est entièrement en base de données afin de pouvoir tout modifier très facilement. On a donc tous les éléments qui composent la page issus de bases de données. Presque plus rien n’est « codé en dur » c’est à dire figé et modifiable uniquement par un expert web. Cette évolution permet donc des copies de contenus, de services, de design et d’architecture super simplement, c’est l’effet « remix ». Dans le genre on a Zlio ( http://www.zlio.com/ ) qui a eu l’idée de permettre à n’importe qui de créer sa boutique. A partir du catalogue complet du site, on crée un espace personnel qui combine différents morceaux du site pour imaginer sa boutique perso. Webjam ( http://www.webjam.com/ ) propose un mix de pages perso communautaires de type MySpace et de modules basés sur les APIs de sites leaders. Webjam permet aussi de « remixer » la page de quelqu’un afin de se l’approprier en modifiant les mots clés, ou tags, qui articulent les contenus.
Donc au final c’est quoi le web 2.0 ? Certains disent que c’est la réponse aux attentes que l’on avait lorsque le web est apparu. En un sens, c’est assez vrai sur l’aspect communautaire surtout, puisque nous avons désormais, en temps qu’internautes, un certain pouvoir sur les sites. C’est aussi pour moi la maturité technologique que tout le monde attendait. On a désormais des sites intelligents, au contenu organisé, aux technologies stables, auxquels on accède avec des navigateurs puissants, qui communiquent avec d’autres sites pour une véritable valeur ajoutée. Les applications ont donc tendance à migrer vers les serveurs, ce qui présente un certain nombre d’intérêts, tout en gardant quelque fois un pied dans votre PC ( http://picasaweb.google.com/ par exemple pour les photos).
Tous les concepts existaient déjà, ils sont juste désormais correctement mis en œuvre.
Utilisez ces sites pour vous rendre compte que le web avance… et même qu’il avance désormais très vite.
A propos de ce post
Vous lisez actuellement “C’est quoi le web 2.0 ?,” sur Gab le Globule Blogueur
- Publié :
- 11.21.06
- Catégorie:
- Tendance
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